Petit boulot : recruteur de donateurs d’ONG

recruteur de donateurs

S’il y a bien une chose à laquelle on ne peut pas échapper lorsqu’on habite dans une grande ville : ceux sont les recruteurs de donateurs d’Organisations Non Gouvernementales. Quelle que soit l’association, j’ai l’impression que cette pratique est très plébiscitée et qu’il est donc impossible de ne pas croiser le chemin d’un recruteur de donateurs. Cette activité étant un petit boulot, j’ai décidé de le traiter dans le cadre de la série Petits Boulots et Job d’été mais le format de cet article est totalement différent des autres articles de la série. Ainsi, dans un premier temps, je vais donner mon avis sur les recruteurs de donateurs en expliquant ce qui m’agace et ce que je soutiens puis je vais passer en revue les options qui s’offrent à toi lorsque tu es face à un recruteur de donateurs.

Mon avis (très subjectif) sur les recruteurs de donateurs

Avant de parler de mon avis, mettons les choses en contexte : Être recruteur de donateurs consiste à aller à la rencontre des citoyens dans la rue et de les inviter à soutenir financièrement de manière régulière une ONG.

Mon avis est très partagé sur le métier de recruteur de donateurs. D’un côté, c’est un métier que je soutiens et de l’autre c’est un métier qui m’agace.

Ce qui m’agace

Tout d’abord, leur métier est basé sur du racolage. Alors certes, ils ne nous sautent pas dessus (quoi que des fois si) mais ils ont des techniques pour nous arrêter. Au même titre que le métier d’animateur des ventes, je trouve ça intrusif et donc désagréable.

Quoi qu’ils nous disent on sait très bien qu’ils vont nous demander de l’argent à la fin. En revanche, ils commencent toujours par nous faire nous faire un discours préfabriqué à faire pleurer dans les chaumières pour capter notre attention et ne s’arrêtent pas pendant plusieurs minutes pour qu’on ne puisse pas nous échapper.

Une fois le discours fini, on se sent généralement hyper responsables de tous les problèmes citées et c’est à ce moment ma où la partie de la argent arrive. On nous dit qu’en donnant de manière régulière, on peut faire changer les choses, on nous suggère souvent même un montant. Or, si on a le malheur de dire qu’on ne souhaite pas contribuer, on est souvent pris pour un radin sans cœur. La dernière fois, le recruteur m’a dit « mais vous m’avez dit que vous travaillez, vous avez donc un salaire, VOUS, à la fin du mois ! ».  On se sent donc méga coupable.

Autre chose qui m’agace : dans leur discours, ils nous disent qu’on donne de l’argent pour les victimes, mais en fait, l’argent qu’on donne va à l’association, qui elle répartit l’argent comme elle le souhaite. Ce qui inclut : payer les fameux recruteurs de donateurs par exemple, oui car contrairement à ce que la plupart des gens pensent, ceux ne sont pas des bénévoles mais des employés qui sont pour la plupart recrutés par ONG Conseil. Ça me fait bizarre de me dire que quelqu’un est payé pour demander de l’argent…

Enfin et surtout, ce qui m’agace au plus haut point et qu’aujourd’hui, dans les grandes villes, les recruteurs de donateurs SONT PARTOUT TOUT LE TEMPS ! Quand j’habitais à Paris, je travaillais près de Bibliothèque François Mitterrand et tous les jours, il y avait des recruteurs à cet endroit,  et tous les jours pour une association différente. Moi qui suis normalement polie, j’étais obligée de les ignorer car c’était juste insupportable  de se faire racoler pour de l’argent avec un discours toujours plus culpabilisant. La croix rouge, médecins sans frontières, WWF, Handicap International et j’en passe, ça dévient juste intolérable au quotidien !

Ce que je soutiens

Vu le nombre de choses qui m’agacent, on peut se demande ce que je soutiens de ce petit boulot.

Dans un premier temps, cet emploi est toujours exercé par des personnes très aimables. Malgré le discours qui peut paraître un peu « rentre dedans », les recruteurs de donateurs sont toujours des gens sympas, agréables avec qui tu aurais spontanément envie de discuter (au moins dans un autre contexte). Or, malgré le nombre de refus auxquels ils doivent faire face, je trouve ce comportement admirable.

De plus, ceux sont des personnes très motivées et qui font des efforts. La dernière fois dans le métro, un recruteur m’aborde et je fais mine de ne pas comprendre l’espagnol pour passer au travers des mailles du filet. Le recruteur s’est efforcé de me faire son speech entièrement en anglais malgré une maîtrise très approximative de la langue de Shakespeare. Il ne trouvait pas ses mots facilement mais a fait des efforts tout le long pour m’expliquer le concept de l’association et j’étais là encore admirative de sa motivation.

Même si de nombreuses personnes ne s’engagent pas à verser de l’argent à la fin du discours des recruteurs de donateurs, il est fort à parier que les citoyens qui se sont arrêtés ont été sensibilisés (cf : discours à pleurer dans les chaumières + sentiment de culpabilité) . Ainsi, s’ils réentendent parler de l’asso en question, ils se rappelleront de certains aspects et auront peut être envie de contribuer en faisant un certain geste de soutien (financier ou physique) après la rencontre avec le recruteur.

Et bien évidemment, je soutiens cette initiative car après tout, elle permet aux recruteurs de se former au terrain et de se faire de l’argent. En effet, comme mentionné plus haut, ces personnes sont des employés qui gagnent au moins 2 333,50 € bruts pour 5 semaines de travail (source : ONG Conseil). C’est donc une pratique qui permet de créer de l’emploi avec tous les avantages que cela comporte !

Alors, que faire face à un recruteur de donateur d’ONG ?

Il y a plusieurs manières de réagir face à un recruteur de donateurs en fonction des circonstances et de ton avis. En voici une sélection des plus courantes.

Option 1 : L’Ignorer et tracer son chemin

  •  + :  moyen efficace de couper court
  • – : c’est pas très sympa

Option 2 : Dire « bonjour mais je n’ai pas le temps »

  • +  : Quitte à refuser autant le faire avec un minimum de politesse !
  • – : L’excuse du temps est très répandue et souvent un pur mensonge

Option 3 : Prétendre qu’on ne parle pas bien la langue

  • +  : Mon excuse préférée à l’étranger qui est non seulement efficace, valide sans être impolie
  • – : Là encore c’est souvent un mensonge

Option 4 : S’arrêter, le laisser expliquer pour comprendre la problématique …

  • + : le recruteur peut pratiquer son discours et sentir une certaine reconnaissance de l’avoir laissé parler

A : et … Lui dire qu’on n’est pas intéressé en inventant une excuse

  • – on sort un mensonge pour s’en sortir et  on a l’impression de lui avoir fait perdre son temps

B : ET … Lui dire qu’on n’est pas intéressé en disant la vérité

  • – on a l’impression de lui avoir fait perdre son temps

Option 4 C : Et…Lui dire qu’on est intéressé et signer

  • – le risque potentiel d’avoir l’impression de s’être fait manipulé

Conclusion…

J’admire énormément les recruteurs de donateurs qui font un métier difficile avec passion et ambition. J’invite donc toutes les personnes qui interagissement avec des recruteurs de donateurs à être aimables.

De plus, soutenir des associations est important et je le recommande fortement. Je l’ai moi-même mis dans ma bucket list car c’est quelque chose qui me tient à cœur. En revanche, je n’aime pas les pratiques de racolages en général donc si tu es dans le même cas que moi, saches que tu peux soutenir des associations financièrement directement sur le site de l’association que tu choisis mais aussi physiquement en donnant de ton temps en tant que bénévole !

Enfin, si j’avais un message à passer aux recruteurs de donateurs qui me lisent je dirais :

« Merci, bravo et désolé ».
  • Merci de soutenir de belles causes
  • Bravo pour votre courage et votre motivation
  • Désolé de ne pas être le donateur que vous souhaitez recruter !

Et toi, comment réagis-tu face aux recruteurs de donateurs ? As-tu toi même pratiqué ce métier ? Qu’en penses-tu ?

Tu aimeras peut-être aussi

8 commentaires

  1. J’ai tout autant que toi horreur de cet aspect « racolage » d’autant plus qu’il y en a souvent tout près de chez moi. Donnant déjà régulièrement de l’argent et du temps à une assoc’, je ne vais donc pas m’engager auprès d’une autre, je cherche donc la meilleure manière de me défiler (changer de trottoir, éviter de croiser leur regard ou simplement « j’ai pas le temps, bonne journée/courage »). D’une connaissance qui a travaillé là-dedans, un simple sourire, un « bonne journée » voire les jours de mauvais temps un café offert est un petit geste qui remonte le moral des ces recruteurs…

    1. Oui c’est ça, même si comme toi et moi on n’est pas à l’aise avec les pratiques, il faut avoir de la compassion. Faire leur boulot n’est vraiment pas facile, donc même si on ne souhaite pas contribuer, autant être sympa et leur donner un peu de courage 🙂 Merci pour ton commentaire 😉

  2. Je suis justement un bébé recruteur et je m’apprête à recommencer avec les couleurs d’Amnesty dans quelques jours !
    Ton article est très juste est vrai, il m’a même fait sourire, car je me suis retrouvée dans quelques situations.
    Je rajouterais simplement qu’on est là pour :
    -faire connaître les assos
    -permettre aux personnes voulant s’investir dans une cause de lui en donner la possibilité.

    Avant de faire ce job, j’étais tout comme toi agacé par le côté racolage… Je le suis encore et je ne le fais pas, détestant ça. Malheureusement, comme partout, il y a la notion de « moyen de résultats » si l’on veut poursuivre et finir la mission… Et certains, donc, saute sur les gens pour signer à tout prix un bulletin… Sans se soucier d’avoir « forcé » la personne, qui, à tête reposé, réfléchira et reviendra sur son choix pour annuler sa décision, faisant plus de mal que de bien. Je te rassure, ceux là, je ne les aime pas non plus.

    Si on se croise dans les semaines à venir, fais moi juste un grand sourire en me souhaitant bon courage/bonne journée/etc.., et tu feras partie de mes passants préférés ! 😉

    1. Ca me fait super plaisir d’avoir ton avis ! Je suis ravie de pouvoir échanger sur le sujet et que tu ajoutes deux éléments importants : ça permet faire connaître les assos et aux personnes de s’investir. Je te promets que je te ferais un grand sourire en te souhaitant bon courage et bonne journée comme je l’ai moi-même recommandé dans mon article : « j’ai testé : être distributeur de journaux » Bon courage et à très vite 😀 !

      1. Une dernière chose, saches que les directives viennent d’en haut et il faut les suivre en répondant à leurs attentes (objectif journalier) si tu veux garder ton job… ça n’excuse pas les gros lourds, mais ça permet de comprendre un peu mieux !
        Ne me le promet pas qu’à moi, mais à tout les autres que tu croiseras, car c’est un super pouvoir sur nous pour nous filer l’énergie et la patate 😉

        1. C’est justement parce que les directives et les discours viennent des responsables de l’asso que j’ai beaucoup d’empathie pour les recruteurs de donateurs qui font leur travail, en suivant le protocole tout simplement.
          Oui biensûr, je serais sympa avec les recruteurs de donateurs en général (comme j’essaie de l’être déjà) 😀

    2. +1 on est Gentil à la base, toujours souriant,
      même si les gens ne s’arrêtent pas forcément,
      On garde notre bonne humeur et energie !! 🙂

Commentaire ? Avis ? Opinion ? Réflexion ? Exprime-toi ici !